INFLUENCES POÉTIQUES

Toutes mes influences poétiques réunies sur cette page. Du poèmes classique à la chanson/poème.


Guillaume Apollinaire

Le Pont Mirabeau

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Et nos amours

Faut-il qu'il m'en souvienne

La joie venait toujours après la peine.

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face

Tandis que sous

Le pont de nos bras passe

Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante

L'amour s'en va

Comme la vie est lente

Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines

Ni temps passé

Ni les amours reviennent

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure


Marie


Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C'est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu'elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux


Les brebis s'en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d'argent
Des soldats passent et que n'ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je


Sais-je où s'en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l'automne
Que jonchent aussi nos aveux


Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine


Barbara (Monique Serf)

Dis, quand reviendras-tu ?

Voilà combien de jours, voilà combien de nuits

Voilà combien de temps que tu es reparti

Tu m'as dit cette fois, c'est le dernier voyage

Pour nos cœurs déchirés, c'est le dernier naufrage

Au printemps, tu verras, je serai de retour

Le printemps, c'est joli pour se parler d'amour

Nous irons voir ensemble les jardins refleuris

Et déambulerons dans les rues de Paris

Dis, quand reviendras-tu ?

Dis, au moins le sais-tu ?

Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère

Que tout le temps perdu

Ne se rattrape plus

Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjа

Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois

À voir Paris si beau dans cette fin d'automne

Soudain je m'alanguis, je rêve, je frissonne

Je tangue, je chavire, et comme la rengaine

Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne

Ton image me hante, je te parle tout bas

Et j'ai le mal d'amour, et j'ai le mal de toi

Dis, quand reviendras-tu ?

Dis, au moins le sais-tu ?

Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère

Que tout le temps perdu

Ne se rattrape plus

J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer toujours

J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer d'amour

Si tu ne comprends pas qu'il te faut revenir

Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs

Je reprendrai la route, le monde m'émerveille

J'irai me réchauffer à un autre soleil

Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin

Je n'ai pas la vertu des femmes de marins

Dis, mais quand reviendras-tu ?

Dis, au moins le sais-tu ?

Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère

Que tout le temps perdu

Ne se rattrape plus


Victor Hugo

Demain, dès l'aube...

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.

J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.


Charles Trenet

Vous qui passez sans me voir


Vous qui passez sans me voir
Sans même me dire bonsoir
Donnez-moi un peu d'espoir ce soir
J'ai tant de peine
Vous, dont je guette un regard
Pour quelle raison ce soir
Passez-vous sans me voir?
Un mot, je vais le dire "Je vous aime"
C'est ridicule, c'est bohème,
C'est jeune et c'est triste aussi
Vous qui passez sans me voir
Me donnerez-vous ce soir
Un peu d'espoir?

Les souvenirs sont là pour m'étouffer

Des larmes, de fleurs, de baisers
Oui je revois les beaux matins d'avril
Nous vivions sous les toits tout en haut de la ville.

Vous qui passez sans me voir

Sans même me dire bonsoir
Donnez-moi un peu d'espoir ce soir
J'ai tant de peine
Vous, dont je guette un regard
Pour quelle raison ce soir
Passez-vous sans me voir?
Un mot, je vais le dire "Je vous aime"
C'est ridicule, c'est bohème,
C'est jeune et c'est triste aussi
Vous qui passez sans me voir
Sans me donner d'espoir
Adieu...
Bonsoir...

Clément Marot

Dedans Paris

Dedans Paris, Ville jolie, 
Un jour passant mélancolie
Je pris alliance nouvelle
A la plus gaie damoiselle
Qui soit d'ici en Italie. 


D'honnêteté elle est saisie, 
Et crois selon ma fantaisie
Qu'il n'en est guère de plus belle
Dedans Paris. 


Je ne vous la nommerai mie
Sinon que c'est ma grand amie, 
Car l'alliance se fit telle, 
Par un doux baiser, que j'eus d'elle, 
Sans penser aucune infamie
Dedans Paris.  


Charles Baudelaire

Enivrez-vous

Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi ? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous !

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.

(In Les petits poèmes en prose)


Louis Aragon

Il n'y a pas d'amour heureux

Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force 
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit 
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix 
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie 
Sa vie est un étrange et douloureux divorce 
Il n'y a pas d'amour heureux 


Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes 
Qu'on avait habillés pour un autre destin 
À quoi peut leur servir de se lever matin 
Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains 
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes 
Il n'y a pas d'amour heureux 


Mon bel amour mon cher amour ma déchirure 
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé 
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer 
Répétant après moi les mots que j'ai tressés 
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent 
Il n'y a pas d'amour heureux 


Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard 
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson 
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson 
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson 
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare 
Il n'y a pas d'amour heureux  


Jacques Prévert 

Les Feuilles Mortes

Oh, je voudrais tant que tu te souviennes,
Des jours heureux quand nous étions amis,
Dans ce temps là, la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Tu vois je n'ai pas oublié.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi,
Et le vent du nord les emporte,
Dans la nuit froide de l'oubli.
Tu vois, je n'ai pas oublié,
La chanson que tu me chantais...

C'est une chanson, qui nous ressemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Nous vivions, tous les deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Et la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable,
Les pas des amants désunis.

Nous vivions, tous les deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Et la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable,
Les pas des amants désunis...
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Mais mon amour silencieux et fidèle
Sourit toujours et remercie la vie
Je t'aimais tant, tu étais si jolie,
Comment veux-tu que je t'oublie ?
En ce temps-là, la vie était plus belle
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui
Tu étais ma plus douce amie
Mais je n'ai que faire des regrets
Et la chanson que tu chantais
Toujours, toujours je l'entendrai !

Inspirations musicales du poème


Paul Verlaine

Chanson d'automne

(poèmes saturniens)

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Inspirations musicales du poème

Carnet de poésie - Histoire d'une vie
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